Archives de l’auteur : wakawaka

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Méta-évolution : L’évolution peut-elle créer de l’intelligent design ?

Voilà une question complexe : l’évolution peut-elle spontanément créer un organisme capable de quitter l’évolution “à la Darwin” ? Autrement dit, pourrait-il exister un organisme capable de diriger/plannifier sa propre évolution, ou encore, capable de diriger celle d’autres organismes, sans passer par les forces évolutives telles que la sélection naturelle ?

Résumons le cahier des charges. Il s’agirait d’un organisme capable de :

1- prendre conscience de ses caractéristiques, de son phénotype (“tiens, je suis bleu”).

2- imaginer ce que serait le meilleur phénotype dans un environnement donné, avec pas trop d’erreur (“mais en vrai, ce serait mieux que je sois jaune pour me cacher dans la savane”)

3- modifier son phénotype tout seul comme un grand, et faire en sorte que cette modification se transmette à ses petits.

Bien sûr il faut que ces trois capacités apparaissent spontanément au cours de l’évolution, et soient maintenues par la suite. Hors de question d’invoquer l’intervention d’un barbu flottant dans le cosmos, c’est triché ;-)

Pas de Spaghetti Volant ni de Jésus-Raptor non plus. Désolé.

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Game of Thrones et la pédagogie scientifique

Les œuvres de fiction peuvent-elles être d’une quelconque utilité pratique pour la science ?

Réponse : Oui ! Première bonne raison : la fiction peut aider la science elle-même.

1. La fiction comme bac à sable d’idées folles

Tous les lecteurs d’Isaac Asimov le savent et le récitent comme une comptine : la fiction précède bien souvent la science. Pourquoi Asimov ? Parce qu’il avait formulé les Trois Lois de la Robotique dans l’une de ses nouvelles de fiction avant que l’intelligence artificielle ne soit vraiment une discipline scientifique. (Wikipédia me souffle dans l’oreillette qu’un auteur tchèque lui aurait damé le pion pour l’apparition du premier robot  dans une œuvre littéraire.). L’exemple d’Asimov n’est pas anecdotique : on trouve aujourd’hui tout un tas d’exemples d’objets du quotidien qui ont été pensés bien avant par des auteurs, à une époque où ces objets n’étaient pas réalisables.

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Détruire la biodiversité est bon pour la santé

Lecteur, ne le nie pas, ce titre te choque. La diversité biologique -ou biodiversité- est un mot magique depuis qu’Edward O.Wilson l’a popularisé dans un compte rendu de colloque, et elle est généralement considérée comme quelque chose de positif. La biodiversité, c’est BIEN. La perte de biodiversité, c’est MAL. La crise d’extinction majeure actuelle, c’est SUPER CACA.

Certes. Mais cher lecteur, ça te dirait de jouter un peu ? Imaginons que je sois un promoteur immobilier sans scrupule, prêt à raser une forêt vierge pleine à craquer de gentils orangs-outans mignons pour construire une zone industrielle. Toi, lecteur, vas devoir me convaincre qu’il faut protéger la biodiversité avec des arguments béton (parce que sinon, je noie tout dedans. Dans le béton. HAHAA. Humour de promoteur, ‘Pouvez pas comprendre.). ALLEZ C’EST PARTI. Lire la suite

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Mélanine et racisme scientifique

(suite de l’article Cuir, Moustache et Mélanine)

Chercher à justifier des opinions personnelles avec une argumentation scientifique peu rigoureuse, c’est mal et contraire aux principes fondamentaux de la science. Mais c’est encore pire si il s’agit d’arguments racistes ! Par le passé, de nombreuses pseudos-sciences ont voulus prouver l’existence de différences d’intelligence entre les différentes populations humaines, et le 19ème siècle est plein d’exemples hallucinants de tentatives de ce types : les partisans de la craniométrie, de la physiognomie et de la phrénologie ont tenté de hiérarchiser les “races” humaines en fonction de la morphologies de leurs crânes, ou de détecter les criminels et les prostituées dès le berceau en mesurant la taille de leurs arcades sourcilières. [1] Bon, mais tout ça c’est du passé, le racisme en science c’est terminé…

Pas du tout ! En juin 2012, J. Philippe Rushton et Donald I. Templer ont commis un odieux article intitulé “Do pigmentation and the melanocortin system modulate aggression and sexuality in humans as they do in other animals?“. C’est le moment de s’amuser un peu et de sortir l’artillerie lourde. Lire la suite

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La science pour les pauvres

“L’argent, l’argeeeent, l’argeeent !”. Tel est le rut du chercheur, que l’on peut écouter dans les couloirs des organismes de recherche lors de la migration des ANRs. En effet, c’est le nerf de la guerre même et surtout dans la recherche scientifique. Il est vu comme un facteur important du succès d’un projet scientifique, et les universités les plus riches ne sont-elles pas celles qui produisent le plus d’articles scientifiques à impact majeur ?

Par exemple, Harvard est une entreprise dont le capital total a plafonné a 37 milliards de dollars et génère 3.8 milliards de dollars de revenus par an, tout en se positionnant comme une usine a prix Nobel. Un exemple local (en ce qui me concerne) est celui de l’Université McGill (Canada) qui génère 1 milliard de dollars par an tout en étant propriétaire du Mont St-Hilaire. Ces universités sont des acteurs économiques importants avec des capitaux impressionnants, ce qui permet de générer de la recherche scientifique de qualité. Lire la suite

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Cuir, Moustache et Mélanine

Si je dis “Cuir, cuir moustache”, vous me dites quoi ?

source : 5secondfilms

 

YMCA ? Pas loin, la bonne réponse était …Testostérone ! C’était votre deuxième option ? Ça n’est même pas étonnant, tant nous avons associés l’idée de la moustache et du cuir à celle de la virilité, de la sexualité masculine, bref par extension ce qui différencie le mâle de la femelle… la testostérone donc. (Ne faites pas attention au biker au dessus ok?) Lire la suite

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Les adaptations biologiques de l’homme

Car oui, l’homme évolue, même sans rayons gamma.

Une adaptation, en très simple et très court, c’est la réponse d’une population à un épisode de sélection au cours de son histoire évolutive. Les individus qui s’en sortent le mieux dans ce contexte de sélection vont faire plus de bébés que les autres, et quelques générations plus tard, cette population sera peuplée en grande partie par leur descendance. Les populations humaines ont fait face à tout un tas de pression de sélection depuis leur émergence, il y a de cela environ 200 000 ans, ce qui a conduit à de nombreuses adaptations (un scénario pour exemple en fin d’article).

Voici une brève liste de différentes adaptations biologiques dans certaines populations humaines. Dernière mise à jour : 2 févr. 2014 Lire la suite

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Que faire avec plein d’argent, quelques années de libre et un bateau de pirate.

… ou « Mon projet de recherche expliqué à ma grand-mère ».

La vie sur Terre subit d’importantes pressions de la part des humains, c’est un fait largement établi. Pour faire comprendre aux décisionnaires de l’importance de conserver ce patrimoine naturel, différentes approches existent. L’une d’entre elles est une approche utilitariste : elle consiste à dire que notre existence même dépend au quotidien de la bonne santé des écosystèmes. En d’autres termes, protéger les pandas équivaut à protéger le bien-être des humains. “L’évaluation des écosystèmes pour le millénaire”, une étude commandée par l’ONU, explique clairement que le bien-être humain (santé, économie, alimentation, etc..) est dépendant de la biodiversité , et les exemples historiques de sociétés ayant fait face à de graves problèmes sociaux en partie à cause de problèmes environnementaux ne manquent pas.. Lire la suite

Christophe Colomb, victorieux..

Le syndrome Christophe Colomb

ou aussi, “Notre incapacité chronique à reconnaître la part des autres espèces dans nos propres succès.”

Christophe Colomb, victorieux, touche le sol des Amériques après un voyage héroïque. Il va apporter la civilisation aux tribus incultes restées à l’âge de pierre. Cette gravure dont l’auteur est inconnu est représentative de la vision traditionnelle de la colonisation de l’Amérique : l’image de l’Européen instruit qui apporte la civilisation aux tribus sauvages est un classique de nos livres d’histoires. Lire la suite

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La conservation dans l’Anthropocène

Au delà de la solitude et de la fragilité

Traduction de l’article “Conservation in the Anthropocene, Beyond Solitude and Fragility“, Décembre 2012, par Peter Kareiva, Michelle Marvier, Robert Lalasz.

Par ses propres mesures, la conservation est en échec. La biodiversité sur Terre est en rapide déclin. Nous continuons de perdre des forêts en Afrique, en Asie et en Amérique Latine. Il y a si peu de tigres et de grands singes sauvages qu’ils seront perdus pour toujours si les tendances actuelles continuent. Dit simplement, nous perdons beaucoup plus de lieux et d’espèces spéciales que nous en sauvons. Lire la suite

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Commentaire sur “Predictive systems ecology”

Nous devons prédire l’impact des écosystèmes sur les sociétés

L’écologie des systèmes se transforme progressivement en science prédictive, portée par les possibilités naissantes de faire des prévisions précises pour la gestion des écosystèmes. C’est d’autant plus pertinent que les systèmes humains imposent de nombreuses pressions à la biosphère, via la destruction d’habitats naturels, la pollution, les extinctions d’espèces, le changement climatique, le changement du cycle des nutriments et en créant de nouvelles pressions de sélection pour de nombreuses espèces , , , Lire la suite

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Pourquoi les zèbres ont-ils des rayures ?

Dans le monde vivant, beaucoup de mammifères présentent des rayures ou des tâches contrastées sur le pelage dont les fonctions sont très diverses : beaucoup d’animaux utilisent ces motifs comme un camouflage : léopards, guépards. D’autres l’utilisent comme un signal “ne m’énerve pas, je ne suis pas d’humeur” à l’intention des prédateurs potentiels : c’est le cas des putois, ratels et autres blaireaux. Certains scientifiques ont postulé que les tâches des girafes pouvaient même servir pour dissiper plus efficacement la chaleur interne ou pour permettre aux individus de se reconnaître les uns des autres.
Malgré le fait que ce soit un trait morphologique évident, il n’est pas toujours facile de savoir à quoi sert la coloration d’une espèce, et c’est magnifiquement bien illustré par le cas du zèbre des plaines (Equus quagga, aux dernières nouvelles, mais le nom latin change sans arrêt). Le zèbre des plaines montre en effet des rayures de la tête à la queue, avec une étonnante variété de formes, d’épaisseur et même de couleur (du noir au marron) ! Lire la suite

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Les séismes des éléphants

Le goût, le toucher, l’odorat, l’ouïe, la vue… les 5 sens que l’on apprend à l’école sont-ils les seuls sens qui existent dans la nature ?

La réponse est non ! En effet, l’évolution a en effet produit de nombreux organes de perception dont les sens seraient indescriptibles pour nous, humains. Les poissons ont leur « ligne latérale », les chauve-souris et les dauphins ont leur « écholochation », les oiseaux leur « magnétoreception »… et les éléphants ont la capacité de recevoir et d’envoyer des ondes sismiques pour communiquer entre eux. Lire la suite